L’ascension des lecteurs multimédias en ligne

Technique // jeudi, 17 novembre 2016 // Rédigé par S. P. Cholifex

Un tour d’horizon pour comprendre, découvrir, les lecteurs multimédias en ligne. Ces appareils hybrides permettent de consulter des contenus en ligne « dématérialisés », avec des applications qui peuvent aller au-delà d’un simple usage domestique et intéresser, pourquoi pas, les entreprises.*

 

Depuis quelques années, les programmes audiovisuels sont massivement conditionnés, stockés et délivrés sous la forme de fichiers médias. Beaucoup sont accessibles depuis les serveurs hébergés sur des plates-formes de services distants grâce aux équipements connectés aux réseaux numériques.

L’anglicisme « media-streaming » désigne un nouveau mode d’accès dans lequel on ne trouve plus un lecteur physique qui reproduit images et sons en décodant localement des informations sur un support matériel détenu ; désormais, c’est un outil logiciel interactif, multimédia et connecté qui est mis en œuvre par l’utilisateur pour tirer le flux d’un média numérique depuis un stockage distant et le décoder en temps réel.

Alors que les supports physiques deviennent de plus en plus rares (les cassettes magnétiques ont disparu, le temps des disques optiques est presque révolu), le disque à lecture laser bleu, le Blu-ray, est considéré par de nombreux experts comme le dernier support matériel à voir le jour avant une généralisation de la mise en ligne des contenus audiovisuels. Ce phénomène de dématérialisation des médias dans l’environnement numérique est inexorable, et il s’accompagne très naturellement d’une dématérialisation des outils employés pour la reproduction, et pour l’édition de ces médias.

Les petits écrans connectés des smartphones et tablettes ont été nativement desservis par des services de vidéo en ligne, aussi appelés OVP (Online Video Platform), initiant de nouvelles pratiques de masse avec la consommation de programmes en visionnage à la demande (VOD) et en mobilité.

Aujourd’hui, plus de la moitié des visionnages sur les plates-formes de vidéos en ligne se font sur les écrans mobiles des smartphones et tablettes. L’ascension de plates-formes, comme YouTube ou Dailymotion, montre le succès rencontré par ce type de distribution qui met directement les créateurs à la portée des consommateurs de contenus vidéo.

Durant la période de mutation numérique, les écrans de télévision ont eux aussi grandement évolué. On observe, notamment, une augmentation en deux temps de la précision des détails de l’image en définition HD-1920/1080, puis UHD-3840/2160, avec les performances de nouvelles technologies de dalles (plasma, Led, Oled…), autorisant des tailles d’écran jusque-là inconcevables, et conduisant à des dimensions courantes de l’ordre de 65 pouces de diagonale (proche de 1,5 mètre de largeur) pour les dernières générations de téléviseurs UHD en vente actuellement.

Dans le même temps, la mise sur le marché de téléviseurs de nouvelle génération, dits smart-TV, a été conduite par les constructeurs de renom comme LG, Samsung ou Sony ; cette technologie n’a pas toujours été bien comprise par les consommateurs et son adoption est restée en deçà des prévisions (un foyer sur cinq est équipé de smart-TV, selon l’institut GFK). Une part importante des téléspectateurs s’est contentée de remplacer son ancien téléviseur par un grand écran plat HD, sans porter un intérêt particulier aux autres modes d’accès aux contenus. Mais sur l’écran « historique » de la famille (devenu entre-temps le grand écran du foyer, en regard des équipements mobiles individuels), la diffusion linéaire souffre, elle aussi, de plus en plus fortement de la concurrence des offres des services de vidéos en ligne.

 

Comme un maillon sans chaîne

L’écran domestique, avec sa vocation familiale, a été naturellement nommé « télévision » en référence à ce qui a longtemps été sa seule destination : celle de présenter le programme en cours de diffusion sur une des chaînes de télévision reçues au foyer.

À l’origine, l’appareil téléviseur ne pouvait recevoir les émissions qu’en réception hertzienne, puis par le câble ou par satellite avec le complément d’un décodeur additionnel, souvent externe. Dans le même temps, il a aussi été alimenté par les générations d’appareils lecteurs de supports enregistrés, cassettes et disques laser, qui se sont succédé.

Avec Internet et les services proposant de gigantesques catalogues de vidéos en ligne, il manquait un maillon technologique permettant de relier l’écran de TV aux services distribuant ces contenus délinéarisés et ajoutant une couche de connectivité au téléviseur classique, le rendant un peu plus « smart ».

Le rôle de ce maillon est à la fois de donner l’accès à des plates-formes de médias en ligne, de supporter l’interactivité des transactions engagées et de reproduire les images et sons des contenus. Bien qu’il n’ait pas de désignation véritablement attitrée, ce « lecteur multimédia connecté » est un nouveau type d’équipement numérique qui apporte des services médias en ligne sur un écran dont la destination native était la télévision.

Il s’agit d’un équipement électronique périphérique, compact et généralement peu coûteux, prévu pour être connecté, d’une part à une entrée physique externe (HDMI) d’un téléviseur pour assurer le visionnage de l’image et l’écoute du son… et d’autre part à un réseau domestique wi-fi pour l’accès à Internet. C’est un boîtier concentré qui ne comporte généralement ni bouton, ni réglage, ni afficheur, mais répond à une télécommande en livrant une interface visuelle sous la forme d’un signal vidéo HD ; l’affichage à l’écran montre les menus et sélections proposés à l’utilisateur pour accéder aux services de plates-formes numériques en ligne mettant à disposition des médias.

Comme les autres types de décodeurs externes (câble, satellite…), il vient se substituer aux circuits de démodulation interne du téléviseur, et le réduit à la fonction de moniteur pour afficher l’image et émettre le son décodé. Petits par la taille, ces équipements concentrent des fonctions avancées et performantes, avec un très haut degré d’intégration matérielle et logicielle. La miniaturisation des composants et le minimalisme des boîtiers ont pour conséquence de les reléguer au rang de simples accessoires, même si leur capacité à ouvrir les grands écrans domestiques sur les étendues multimédias du web devrait leur concéder une plus honorable réputation.

 

*Extrait d’article paru, pour la première fois, dans Sonovision #4, pp. 44-46. Soyez parmi les premiers à recevoir dès sa sortie notre magazine papier en vous abonnant ici 

 

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